Syrie: 1er face-à-face US/Russie?

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L’armée syrienne et les forces kurdes, désormais unies pour assurer la sécurité de la ville stratégique de Manbij cherchent à damer le pion aux forces spéciales américaines qui ont parallèlement débarqué à Manbij. Mais quel est l’objectif des deux parties? Il semblerait que les deux parties veuillent mettre en place une zone sûre pour mettre à l’abri les kurdes.

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Selon le journal russe Nezavissimaïa Gazeta,  » l’armée syrienne et ses alliés au sol, secondée par l’aviation russe, ont accompli leur offensive stratégique contre la partie orientale de la ville d’Al-Bab dans la province d’Alep, dans la foulée de la reprise de Palmyre.

Selon des sources bien informées au ministère russe de la Défense, les militaires syriens sont entrés dans la ville de Manbij, accompagnés de militaires russes. Ces derniers s’inquiètent surtout de la sécurité des convois d’aides humanitaires russes qui devront bientôt arriver dans cette région. Une fois arrivés à Mnnbij, Russes et Syriens se sont trouvés face aux soldats américains. Pour le moment, aucun incident ou confrontation n’est à signaler. Mais cette situation durera-t-elle longtemps ?

Le colonel John Dorian, porte-parole de la coalition internationale, a confirmé le déploiement des véhicules blindés des États-Unis et de leurs alliés à Manbij, en affirmant que l’objectif n’était rien d’autre que « d’assurer la sécurité des forces de la coalition ». Mais le général s’est soigneusement gardé de se prononcer sur la présence de l’armée syrienne et de ses alliés russes dans la ville de Manbij.

Que signifie cette évolution ? 

L’AP a sa propre version. Que les États-Unis décident de déployer leurs troupes en Syrie sans aucune coordination préalable avec la Russie, cela prouve une chose: aucune stratégie conjointe russo-américaine n’est à l’ordre du jour, en ce qui concerne la lutte contre Daech ou des questions similaires qui touchent la sécurité nationale syrienne. Cela fait-il peur aux Russes? Rien n’est moins sûr: le porte-parole du Kremlin Dimitri Peskov n’a pas tardé à réagir à cette information, en soulignant que son pays est totalement prêt « à combattre seul Daech ». Mais le tout n’est pas dit par M. Peskov.

En réalité, la Russie et les États-Unis se sont engagés dans une féroce rivalité: le Pentagone refuse toute coopération avec Moscou tout en cherchant à préserver à Manbij « sa carte kurde ». Les Américains, passés maîtres dans l’art du double jeu veulent éviter aux Kurdes les foudres de la Turquie prête à en découdre avec la Force démocratique (kurde) sur le territoire syrien.

Cet objectif est aussi celui de Moscou à cette différence près que la Russie agit en parfaite coordination avec l’État syrien et pour éviter un démembrement de la Syrie, tandis que les États-Unis se réservent le droit d’opérer sans mandat de Damas.

Cela renvoie à ce que les médias russes qualifient désormais d’ « entente de Manbij »: la Russie a réussi à convaincre les Kurdes de Syrie de céder les localités qu’ils contrôlent autour de Manbij et à faciliter ainsi l’entrée de l’armée syrienne dans ces régions. Pour la Russie, l’armée syrienne a pour mission de réactiver les organes étatiques à Manbij.

A en croire l’agence de presse turque Anatolie, c’est avant l’arrivée des forces syriennes et de la Russie, le 3 mars, à Manbij que les États-Unis ont envoyé leurs troupes et leurs blindés dans cette ville. Les Américains ont d’ailleurs révélé l’information après l’annonce russe.

Les Forces US ne se sont d’ailleurs pas contentées de Manbij, et elles ont aussi pris position à Khilvanchi, près de Jarablous. Cette ville est occupée par la Turquie et les terroristes qu’elle soutient, c’est-à-dire ceux qui sont membres de l’ASL. Le résultat de cette sit état ? La Turquie panique. Ankara voit à travers le geste « non coordonné » des Russes et des Américains, une vive rivalité entre les deux puissances pour créer « une zone tampon » où installer les kurdes et ce, dans l’objectif de les « préserver » contre toute offensive de la part des forces impliquées dans l’opération Bouclier de l’Euphrate.

Les sources russes n’écartent pas cette hypothèse: la Russie veut préserver d’une part les kurdes mais aussi aider l’armée syrienne à ouvrir un nouveau front contre Daech. Dans toute cette histoire complexe, il n’y a qu’un seul perdant: la Turquie. Lâchée de toute part, Erdogan pourrait être tentée de passer à l’action et d’entrer en conflit avec les forces américains parce qu’il ne pourrait dormir sur ses lauriers tant que les kurdes de Syrie  « liés aux terroristes du PKK » ont la ville de Manbij entre leurs mains. Mais Erdogan pourrait tout autant pousser son armée à s’en prendre à la Russie et à l’armée syrienne. Bref, la confusion la plus totale règne dans le camp turc.

Selon le Washington Post, les généraux du Pentagone ont convaincu Trump de jouer à fond la carte kurde, d’aller jusqu’à armer les kurdes de Syrie d’hélicoptères de combat. Désormais, le président US serait même prêt à déployer les GI’S en Syrie et dépasser le simple stade de « conseils militaires prodigués aux groupes de l’opposition anti-Assad ».

Quelques 500 soldats et officiers US aident en ce moment les kurdes de Syrie et leurs alliés arabes. Un nouveau plan américain voudrait que les militaires américains s’impliquent davantage dans les combats. Les États-Unis espèrent pouvoir, avant les Russes, s’emparer de Raqqa mais cette nouvelle stratégie a peu de chance de les aider en ce sens. Car les kurdes ont presque perdu confiance en Washington et puis ils ne pèsent pas trop lourd face à l’armée syrienne et son allié, c’est-à-dire le Hezbollah.

presstv.com

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